Tennessee ou le journal intime d’une minette

PARTIE X

Avec le beau temps qui commençait à nous faire faux bond, j’ai décidé de rentrer de nouveau plus souvent dans l’appartement. D’abord, juste pour manger, puis finalement, pour dormir et profiter des endroits chauds et un peu moins humide. Aujourd’hui je suis contente d’avoir commencé à prendre cette habitude, car brrrr.
Avec ceci est également venu que les humains me faisaient des câlins plus souvent, ce qui en plus de la nourriture à volonté et la chaleur du foyer est un autre gros avantage. D’abord timidement, puis finalement avec force, je vais aujourd’hui leur faire des gros coups de tête de bienvenue lorsqu’ils viennent me dire bonjour à mon endroit préféré, le haut d’une armoire où Eaïe a gentiment tout installé pour moi, car avec Toune (Madame La Cheffe), il était encore difficile d’être tranquille à quelque part.  Par contre, j’ai remarqué que justement Toune commene enfin à s’habituer à moi. Je me méfie encore beaucoup d’elle, mais elle passe souvent à côté de moi en m’ignorant maintenant. C’est bien agréable.

Bref, pour la première année, je vais passer un hiver dans un foyer chaleureux. Qu’est-ce que je suis contente. Et j’en remercie mes humains tous les jours avec des gros ronrons et des petits miaulement de moins en moins discrets.

Tennessee

 

 


Tenessee ou le journal intime d’une minette

partie IX

Yes c’est la liberté. J’adore. Je suis tout le temps dehors. Aujourd’hui pour la première fois en bientôt trois semaines je suis rentrée manger, pour ressortir directement, dès que j’avais fini. Ils sont gentils mes humains, ils ont pris l’habitude de regarder sur la terrasse si je ne suis pas par là pour me nourrir là. Autrement faut avouer que je ne mangerais pas beaucoup.


Tenessee ou le journal intime d’une minette

partie VIII

Voilà quatre semaines, que j’ai découvert le plaisir de sortir ! Pourtant Eaïe arrêtait pas de me dire, regarde, là-bas il y a une chatière. Je n’ai jamais osé. Tout ce que j’ai pu manquer. Du coup, je me rattrape, et je pars souvent après avoir mangé le soir pour dormir sous les étoiles et ne rentrer que le lendemain dans la matinée. Je sais que mes humains s’inquiètent un peu, mais je leur ai prouvé que je rentrais tout les jours. J’espère qu’ils se calmeront un peu. En plus de découvrir ce que c’était de sortir librement, sans barrière, j’ai également commencé à apprécier les câlins. Ok pas encore n’importe où, je ne me laisse câliner que dans mon petit coin que je nomme ma chambre (sur une armoire). Mais qu’est ce que j’adore ça. Si ce n’était que d’après moi, je leur demanderais de ne jamais arrêter. Je fais des aller retour sur l’armoire, me couche, me frotte contre une peluche et ronronne, oui oui ronronne. Ca aussi c’est quelque chose que je n’avais jamais fait en présence d’un humain.

Note de M-J : Suis trop contente ! Y a enfin eu le déclic, après près de 4 mois et demi. Faut juste rester patient.


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partie VII

Voilà quelques jours que Eaïe a commencé un drôle de rituel. Remarquant sûrement que j’avais un peu moins peur d’elle, quand elle approchait la main. Elle a commencé à me donner des friandises, puis pendant que je mange me caresse le dos. Comme je me méfie moins d’elle, je reste, mais j’aime pas ça quand même. Enfin c’est ce que j’essaie de montrer, pourtant mon traitre de dos se lève quand même parfois à ses caresses. A part cela, rien n’a bien changé depuis mon dernière « rapport ». Je sors parfois de ma chambre dormir dans un coussin ailleurs, mais y retourne quand les humains sont de nouveau actifs. Il est déjà arrivé aussi que je passe ma nuit et journée dans un carton dans la cuisine, toute en haut d’une armoire. ça a bien fait rire les humains quand j’ai sorti la tête de là.


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partie VI

Aujourd’hui, j’ai pris mon courage à deux pattes et je suis sortie de ma chambre. J’entendais Eaïe dans un endroit qui sent toujours la nourriture, la cuisine, et j’ai été voir. Elle avait l’air très contente de me voir et m’a donné une friandise. Du coup ça a attiré des autres chats. Je ne savais d’abord pas trop quoi faire, puis finalement mon estomac a gagné la bataille. Je suis restée, un peu à distance des autres, sachant bien que Eaïe ne m’oublierait pas. Y a même Madame Cheffe qui est venue, mais qui m’a totalement ignorée, donc je suis restée. Ah ces humains et ces autres félins… ils ont une routine bien précise qui est intéressante à observer. Ce que je ne comprends pas trop, c’est à quel point les autres félins sont tout le temps dans les basques des humains. Ils se frottent et miaulent tout le temps. C’est tellement contagieux que j’ai commencé à miauler aussi pour attirer l’attention. Souvent j’ai droit à une friandise si j’insiste un peu. Plus ça va, plus je me dis que je vais apprécier vivre ici. On m’a même lancé une souris en peluche à laquelle j’ai donné deux-trois coup de pattes. ça aussi ça a fait très plaisir aux humains. Ils se contentent vraiment de peu.


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partie V

Il y a eu beaucoup de bruit aujourd’hui, d’abord une machine bizarre sur roulette, puis il y a eu une humaine que je ne connais pas qui est venue. Je n’ai pas osé sortir. Pourtant ce soir on a reçu quelque chose de super à manger, de la viande crue. Je n’ai eu que rarement l’opportunité d’en manger depuis que j’ai quitté mon domicile natal. Je n’ai pu faire autrement que de vite aller manger 2-3 morceaux puis retourner me cacher.


Tenessee ou le journal intime d’une minette

partie III

Aujourd’hui, après que la maison ait de nouveau été calme, je me suis décidée à tester les divers endroits confortablement installés pour nous, les chats. C’est sympa. Je retiens, mais pour l’instant je ne suis pas encore assez sûre de moi pour y rester trop longtemps, je préfère encore ma petite cachette que personne ne peut atteindre. 13 février Eaïe était là toute la journée. Elle n’avait pas l’air très bien, pourtant elle est quand même passée me voir plusieurs fois dans ma chambre. Au bout d’un moment, elle n’est plus venue. J’ai trouvé étonnant alors que je la savais dans la maison. Ma curiosité m’a poussé à aller voir. Je l’ai vu sur un lit rouge devant un tableau rectangulaire qui bougeait. Elle n’a pas vraiment réagi en me voyant arriver, donc j’ai fait le tour des lieux. C’est bizarre de me promener la journée alors qu’il y a un humain dans la maison. Par contre, du coup, j’ai fait la connaissance des autres chats. La plupart sont sympas, soit ils m’ignorent, ou m’évitent. L’une par contre, Toune, n’est pas très gentille. Elle essaie de m’intimider. Elle me montre que c’est elle la cheffe. J’espère qu’elle va vite comprendre que je ne suis pas intéressée par sa position.


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partie II

Après le rituel matinal, l’endroit que je suppose sera ma maison à présent est à nouveau calme. J’en profite pour refaire un tour des lieux comme les autres jours. Je croise les autres chats. Ils sont curieux. L’un d’entre eux me houffe. Il n’est pas content de voir une intruse sur son territoire. Venu le soir, la maison s’anime à nouveau, les autres chats sont excités, l’humaine va arriver. Je file me cacher. Mais une bonne odeur vient me caresser la truffe. Une gamelle avec du poisson est posée pas loin de mon coin. Je ne peux résister, je sors manger, j’ai trop faim. Tiens, c’est quoi ces bruits bizarre ? L’humaine est dans une pièce claire et blanche en face de ma cachette, elle parle avec la minette blanche que j’ai vu le premier jour de mon arrivée, Fania à ce que j’ai compris. Elle lui fait couler de l’eau d’un drôle de tuyaux métallique. Je ne savais pas que ça venait de là l’eau. Je m’installe et les observe. C’est marrant la communication qu’il y a entre eux. Fania miaule et l’humaine lui répond, pourtant les humains ne parlent pas le chat, non ? A un moment, la jeune humaine que les autres chats appellent Eaïe (Note de M-J – parait que les chats / chiens n’entendent que les voyelles ) lève la tête et me regarde. Elle a l’air étonnée de me voir là. Elle sourit et s’en va, pour revenir avec ces sticks de viande que j’adorais tant dans mon ancienne maison. Elle m’approche doucement. J’hésite à partir, mais la curiosité est trop grande. Elle s’arrête à un mètre de moi et me lance un petit dé de friandise. J’hésite avant de le prendre. Elle n’attend pas de voir ma réaction et s’en va. Vraiment étonnant ses réactions. Je décide de m’installer sur le truc moelleux qui m’a servi jusqu’à présent de cachette. C’est bien plus confortable. Peu de temps après, voilà que Eaïe d’approche avec son compagnon, que les chats nomment Aï. Il sourit. Me parlent, me disent que si je continue comme ça, je pourrai profiter de sortir dans la nature dans quelques semaines. Sortir ? La classe, je vais leur montrer que j’ai envie.


Tenessee ou le journal intime d’une minette

partie I

La vie a été bizarre jusqu’à maintenant. J’ai vécu à l’état sauvage jusqu’à ce que j’aie eu 6 mois. Puis ma vie a changé. Des humains nous ont attrapé mes amis et moi. Nous avons été emmenés dans un endroit qui sent le chien et où il y a pleins d’autres chats. J’ai vu les saisons passer, certains de mes amis partir, des humains les ont emmené. D’autres sont restés, comme moi. Voilà 5 ans que je peux nommer cet endroit ma maison. Ce n’est pas si mal. On a à manger, des friandises, de l’eau, des endroits douillets et même un petit coin où nous pouvons prendre l’air. Je me suis fait pas mal d’amis ici, mais il y en a souvent qui partent, pour que d’autres arrivent. Je me demande ce qu’il se passe quand ils partent. Certains parlent de famille. Qu’est-ce ? Il y a aussi les chats moins sympa. Il faut les éviter eux. Tant de frustration en eux qu’ils se défoulent sur leurs semblables. C’est triste. Puis il y a les humains. Je ne sais pas quoi penser d’eux. Ils me parlent souvent, doucement, j’ai envie d’aller vers eux, car peut-être qu’ils ont des friandises ? Mais ils me font peur quand ils tendent la main. Que me veulent-ils ? Tous les jours sont pareils. Il y a une routine qui s’installe. C’est confortable. Mais voilà que ma vie va changer.

9 février 2014 Je sentais que quelque chose se préparait. Les gens étaient nerveux. Ils se demandaient comment ils allaient attraper l’un d’entre nous. Il s’est avéré que c’était de moi qu’ils parlaient. Ils ont réussi à me mettre dans une cage puis ont posé quelque chose par-dessus. Tout est devenu noir. Je me calme un peu. Je sens que ça bouge. Des gens parlent, en disant merci à la jeune humaine qui porte ma cage. Pourquoi merci ? Je ne veux pas aller dans l’inconnu, je suis confortable parmi mes amis. Pourquoi m’emmène-t-on ? Où m’emmène-t-on ? Je suis dans un engin qui bouge. Je n’arrive pas à me retenir. Ça sent et la dame me parle doucement, me dis que tout ira bien, et je ne dis rien, je me colle dans un coin de la cage pour ne pas me salir. On s’arrête. La jeune dame me dépose dans un endroit blanc, avec pleins de toilettes pour chats. On m’ouvre la cage et la jeune dame part. Je ne comprends pas ? On me relâche ? J’attends qu’elle s’éloigne et je cours, je cours, je me cache dans le premier endroit que je trouve. Je remarque une chatte blanche qui m’observe, si je ne bouge pas, peut-être qu’elle s’en ira. L’humaine revient avec son compagnon. Ils parlent entre eux qu’il faut me laisser du temps, et posent une gamelle avec de la nourriture pas loin de moi. Je n’y touche pas. Après plusieurs heures, enfin tout se calme. Il n’y a plus personne dans la pièce. Je crois qu’ils dorment. J’en profite pour faire un tour des lieux. Cet endroit est bizarre, je n’en ai jamais vu de semblable. Je cherche un autre endroit pour me cacher, un endroit où ils ne me trouveront pas. Peut-être qu’ils m’oublieront. 10 février 2014 Après une animation tôt ce matin, avec distribution de nourriture humide, tout est calme. Je crois que les humains ont quitté les lieux. J’en profite pour explorer. Les autres chats me regardent bizarrement, mais ne disent rien. J’en profite pour boire un peu et manger quelques croquettes. En fin d’après-midi, j’entends quelque chose. Vite il faut que je me cache. L’humaine est de retour. A nouveau, il y a distribution de nourriture humide, j’ai faim, mais je n’ose pas bouger. Je sais que les autres chats vont finir ma gamelle, mais la peur est trop grande. Enfin, l’endroit est de nouveau calme. Les humains ont été dormir. Je profite de refaire un tour pour explorer. Je fais tomber un objet bizarre. Ça fait beaucoup de bruit. Je file pour me cacher. Mais me retrouve nez-à-nez avec l’humaine. Elle me sourit et… se retourne et repart. Je ne comprends rien à cette humaine… pourquoi m’a-t-elle emmenée ici, si c’est pour m’ignorer ?